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Photo numéro 18 – La corneille du 6ème étage
France – Lyon – Mai 2023
Crow – Corvus corone – Corneille noire
Pour clore cette courte sélection, une photographie qui n’a vraiment rien d’extraordinaire, mais une anecdote lui est attachée…
J’habite un 6ème étage, en ville, à Lyon.
A quelques mètres de mon balcon, de très grands arbres, qui dépassent même le niveau de mon appartement.
Dans l’un d’eux, juste en face de mon salon, parfaitement à hauteur des yeux, un nid.
Il est entretenu chaque année par des pies.
Souvent, elles n’y restent pas. La rue est un couloir où le vent fait plier les branches de façon impressionnante.
Parfois, d’autres oiseaux s’y installent. L’an passé, ce sont des corneilles qui ont profité de l’aubaine.
Et pour la première fois en 17 années, un oisillon a sorti la tête du nid.
J’ai suivi le ballet incessant du nourrissage de l’affamé, toujours plus vorace.
Et puis, un jour, plus rien ne bouge. Pas de parent au nid, ni de tête qui en dépasse.
Mon regard est cependant attiré par une boule grise, perchée à l’extrémité d’une branche.
L’oisillon s’est lancé dans une grande aventure… qui se termine, quelques instants plus tard, six étages plus bas. En passant sous un porche d’accès véhicules, il se réfugie sur le grand parking fermé qui fait partie de la copropriété.
Impossible pour les parents de le retrouver, l’immeuble fait barrage.
Je passe le reste de l’après-midi à le surveiller de loin et appelle différents centres d’hébergement pour savoir que faire. Aucun ne répond. Je laisse des messages.
Le soir venu, je mets l’oisillon dans un grand carton aéré, avec une serviette éponge dans le fond et une bouteille d’eau chaude pour maintenir une certaine température.
Surtout, ne rien donner à l’oiseau, ni à boire, ni à manger. Du moins, sans avis d’un professionnel du métier.
Le lendemain un centre m’appelle. Il est situé à 45kms de mon domicile. Une fois rentrée de son travail, ma compagne va y déposer le « naufragé ».
Nous aurons des nouvelles à plusieurs reprises, les dernières faisant état de sa remise en liberté avec d’autres de ses congénères.
« La nature sur le pas de la porte »… dans un certain sens.
