Vautours d’ici et d’ailleurs

Projet d’écriture mutualisé

Retour

Généralités :
« Vautour » est le nom vernaculaire utilisé pour désigner des rapaces diurnes nécrophages. Une partie d’entre eux appartient à la famille des Accipitridés tout comme les Aigles, Busards, Gypaètes et Eperviers. C’est le cas entre autres du Gypaète barbu (Gypaetus barbatus), du Vautour percnoptère (Neophron percnopterus), du Vautour fauve (Gyps fulvus) et du Vautour moine (Aegypius monachus). L’autre partie, appartient à la famille des Cathartidés, ce sont les Condors, Urubus et Sarcoramphes (Vautour pape). Ces espèces, bien qu’issues de deux familles distinctes, occupent toutes la même niche écologique et ont un rôle « d’équarisseurs » de la nature. En effet, ils contribuent à lutter contre la propagation des maladies en nettoyant les carcasses de gros animaux morts. Celles‐ci sont repérées au cours de vols planés, grâce aux courants d’air ascendants, durant lesquels les oiseaux restent en contact visuel. Lorsque l’un d’eux détecte une charogne, les autres par effet de ricochet en sont informés. Il est impressionnant alors de voir tous les oiseaux converger vers un même point. Ils ont également en commun une morphologie qui fait d’eux « des grands voiliers » équipés pour des vols de longues distances, munis d’un bec conçu pour dépecer les carcasses, d’un long cou et d’une tête dépourvue de plume. Les vautours pondent un seul œuf par saison de reproduction, ce qui rend leur population vulnérable.

Vautour fauve – Gyps fulvus

Vautour Moine – Aegypius monachus

Crédit photographique : Grégoire Trunet

Gypaète barbu – Gypaetus barbatus

Vautour percnoptère – Neophron perncopterus

Vautours des Pyrénées
Texte et photographies : Gérald De Possesse

Le Vautour fauve.
C’est un rapace nécrophage.
Il se caractérise par un bec très fort et crochu au bord tranchant et par une vue exceptionnelle. Il peut voir une carcasse à plusieurs kilomètres.
Il est carnivore et se nourrit de proies animales.
L’espèce qui nous intéresse, en l’occurrence, le vautour fauve, se contente d’éliminer les cadavres sans jamais s’attaquer aux animaux vivants.
Son plumage est plus ou moins clair en fonction de son état d’adulte ou de jeune.
Les rémiges et les rectrices sont noires.
Une collerette blanchâtre ceint la base du cou qui est, comme la tête, couverte de duvet beige.
Le vautour fauve exclusivement “ charognard ” niche dans les montagnes du bassin méditerranéen et du sud ouest de l’Asie.
Il est depuis les années 1960 totalement protégé et l’espèce est en train de reprendre sa place dans la nature.

Vautours fauves dans les gorges du Verdon
Texte et photographies : Guy Mallet

Ces charognards, nécrophages stricts dont l’envergure peut atteindre 2.70 m à 2.80 m et peser jusqu’à 7 à 8 kg sont de véritables éboueurs. Leur appareil digestif élimine bactéries et virus.
Ils nettoient les carcasses des animaux domestiques (brebis, agneaux) qui alimentent des charniers ainsi que les carcasses des animaux sauvages tels que les sangliers, chevreuils, chamois etc…
Les premiers Vautours fauves ou  » Griffons  » (lou grifoun en provençal) ont été réintroduits dans le Verdon en 1999 et les Vautours moines en 2005 depuis rejoints par quelques Vautours percnoptères et Gypaètes barbus.
La colonie de Vautours fauves se porte bien et voit, en cette année 2015, ses rangs gonfler de 15 couples supplémentaires par rapport à 2014 soit au total 126 couples nicheurs.
La route panoramique des crêtes et ses 14 belvédères vous permettront d’apercevoir et de photographier les quatre Vautours présents dans le Grand Canyon du verdon et en France.

Les pieds dans le vide au dessus du Tarn
Texte et photographies : Pascale Hervieu

Régulièrement, durant nos vacances d’été, Olivier, Diane, Morgane et moi faisons une petite halte sur le Causse Méjean.
Celui‐ci est idéalement placé entre les gorges du Tarn et celles de la Jonte où s’est tenu un programme de réintroduction du Vautour fauve à partir des années 1970 jusqu’au milieu des années 80.
Une soixantaine d’oiseaux ont été introduits où ils se sont installés dans les falaises des gorges de la Jonte et du Tarn.
Actuellement la population est d’environ 200 oiseaux.
A chacun de nos séjours, nous saisissons l’occasion pour aller passer une ou deux matinées les pieds dans le vide, au dessus des gorges du Tarn.
La chance de les voir dans de bonnes conditions photographiques est aléatoire puisqu’elle dépend directement des courants d’air ascendants, mais quand ceux‐ci nous sont favorables, alors c’est un festival !
On les voit monter dans la vallée en faisant de grands cercles entre les deux versants des gorges et se rapprocher peu à peu jusqu’à passer à notre hauteur, sans nous quitter de l’œil. Comme de surcroît ils sont curieux, il arrive qu’ils viennent planer directement au dessus de nos têtes : cela peut être très impressionnant !

Vautours fauves aux portes de l’Extramadure (Espagne)
Textes et photographies : Benjamin Munoz-Barbera

Je crois que je m’en souviendrai toujours !
Mon père m’emmenait observer les vautours à la décharge ! En effet, à l’époque tous les animaux morts y étaient déposés par les éleveurs du coin. C’est là que ces charognards avaient leur fonction.
Quelques années plus tard, ils avaient disparu car les décharges à ciel ouvert étaient devenues interdites. Aussi le Canyon que le Tage a creusé est resté pendant très longtemps déserté.
Pourtant, voici une quinzaine d’années, les vautours sont réapparus. Ils ont de nouveau colonisé le canyon. On y recense aujourd’hui une trentaine d’individus dont plusieurs couples nicheurs.
Le site est assez particulier : il suffirait de lever les bras pour effleurer les vautours car le lieu se trouve en contrebas. Néanmoins les oiseaux sont protégés naturellement par la présence de falaises de granit. En périphérie les animaux d’élevage peuvent y paitre paisiblement et librement.
Les conventions européennes stipulent que tout animal d’élevage mort sur les lieux doit être enlevé par son propriétaire. Mais, la configuration du site plutôt très escarpé et l’immensité du territoire rendent le nettoyage des lieux plutôt difficile, c’est pourquoi les moutons ou autres bovidés livrés à eux mêmes dans la nature y vivent mais y meurent également. C’est donc le principal apport de nourriture pour cette colonie.
Etant situés, à vol de vautour, à une distance d’environs 80 kms du parc national de Monfragùe, d’autres charognards y font parfois quelques intrusions tels que des Vautours moines et des vautours percnoptères scrutant de leur œil d’expert toutes traces de nourriture au sol .
Ce site fabuleux vous l’avez deviné est mon terrain de chasse photographique privilégié !

Vautour fauve

Vautour moine

Vautour percnoptère

Vautours d’Afrique de l’est
Texte et photographies : Jean-Pierre Mériaux

Les vautours ont une mauvaise image, ils sont associés à la mort, bien sûr, mais en tant que charognards, de manière plus péjorative que les rapaces prédateurs (tels que des aigles par exemple). On pourrait dire pour résumer qu’ils sont considérés comme la version oiseaux des hyènes, avec qui ils sont d’ailleurs en compétition en Afrique.
Il faut dire que leur apparence ne joue pas toujours pour eux avec leur cou souvent long et déplumé par endroit, qui leur permet de manger à l’intérieur des cadavres sans salir leurs plumes…
Pourtant ces oiseaux essentiellement nécrophages débarrassent l’environnement des cadavres et évitent la propagation des épidémies. Ils n’attaquent pas. Leurs serres peu puissantes ne leur permettent pas d’emporter leurs proies et ils doivent manger sur place ce qu’ils trouvent.
De manière générale, différentes espèces de vautours cohabitent car ils ont des rôles complémentaires. En Afrique de l’Est, en particulier dans les zones de savanes peu arborées, on trouve simultanément 6 espèces principales que l’on peut répartir en 3 groupes qui se succèdent sur un cadavre dans une collaboration qui laisse quasiment rien sur place et ceci même en l’absence de mammifères carnivores.

Les petits vautours : vautour charognard (ci-contre) et percnoptère d’Egypte
Ils sont nettement plus petits (Percnoptère envergure 1,70m pour moins de 2kg, Charognard un peu plus grand et un peu moins lourd, meilleur planeur)
Leur bec moins robuste et plus fin que celui des autres. Ils sont donc les derniers à quitter une carcasse et se contentent des débris laissés par les autres. Ils peuvent aussi introduire leur tête dans les plus petites ouvertures d’un cadavre, là où les autres ne peuvent pas aller.

Vautour charognard

Les vautours les plus courants : Vautour de Rüppel et Vautour africain
Ils sont presque aussi grands mais plus lourds (Africain envergure 2,20m 5,4kg, Rüppel envergure 2,40m 7,5kg). Quand ils sont sur une proie ils mangent rapidement 1kg (voire plus) de viande et il leur est difficile de décoller rapidement.
Ils se rassemblent en grand nombre sur les cadavres (jusqu’à plusieurs centaines) et se battent entre eux pour accéder à la nourriture.
Leur cou en forme de serpent sans plumes et leur langue barbelée sont très adaptées à l’extraction et l’ingestion des viscères qui sont encore au centre de la carcasse, même si ils peuvent consommer d’autres parties.

Vautour africain

Vautour de Ruppel

Vautours africains

Les vautours puissants : Vautour Oricou et vautour à tête blanche
Ce sont les plus grands (Oricou envergure 2,90m 6,8 kg, Tête blanche : envergure 2,20m 4,8kg) mais pas les plus lourds à taille égale, ce qui leur permet de décoller tôt et de planer avec des courants ascendants limités.
Ils peuvent ainsi arriver très tôt sur un cadavre ce qui tombe bien car avec son bec fort et son cou trapu, le vautour Oricou (en haut) est capable d’entamer la peau des cadavres si un prédateur terrestre ne l’a pas déjà fait.
Ils peuvent aussi se montrer en dernier car ils sont aussi spécialisés dans la récupération des parties les plus coriaces d’une carcasse, y compris tendons, peaux et os.
Peu nombreux, ils ne forment jamais de rassemblements et quand ils veulent prendre leur part du festin, les autres leur cèdent la place.

Vautour oricou

Vautour à tête blanche

Vautour oricou

Vautours du Mexique et de Basse Californie : Urubus à tête rouge
Texte et photographies : Karine et Damien Demetz

La route n°1 traverse la Basse-Californie du nord au sud, depuis la frontière américaine de Tijuana jusqu’à la Paz.
C’est cette route que nous empruntons pour aller découvrir les paysages magnifiques et la diversité biologique de ce petit état fédéral du Mexique souvent surnommé « les Galapagos de l’hémisphère nord ».
Sous le soleil, nous filons sur les grandes lignes droites de cette nationale 1, au milieu d’un paysage aride où les cactus sont toujours plus grands. De gros camions nous doublent à vive allure. Un caracara huppé rejoint un groupe d’urubus à tête rouge. L’un d’eux est légèrement plus loin que les autres. Il semble être le patriarche car sa tête rouge est très ridée. Très vite, nous apercevons une vache morte juste en dessous de lui. Il semble veiller au garde manger.
Régulièrement, tout au long de la route, des urubus profitent ainsi de ces repas copieux, offerts par les camions et les voitures qui roulent si vite qu’ils tuent ainsi des vaches laissées en liberté dans ces grands paysages de western.
Nous sommes au mois de mars et les Urubus du nord de l’Amérique sont descendus plus au sud pour passer l’hiver. Les vaches du bord de la nationale 1 sont donc une aubaine pour eux. Dans le port de Santa Rosalia, quelques uns côtoient les pélicans, hérons et goélands. Un d’entre eux se sèche les plumes. Sa tête bien rouge et son gros bec sont impressionnants.

Menu