Balade en montagne

Texte et photographies : Pierre Toscani
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Automne 2008.
Retour à la civilisation après 15 jours passés un peu plus près des étoiles, entre les étages subalpin et alpin.
Durant ces quelques jours, la montagne a changé de visage. L’automne a pris sa place avec ses couleurs, sa douce chaleur, ses odeurs de fruits mûrs, de musc et de champignons. A plusieurs reprises déjà de gros écheveaux de nuages aiguillonnés par la bise ont coiffé les sommets d’un bonnet immaculé, mais à chaque fois, un souffle venu d’occident a tout détricoté en quelques jours.

Mélèzes et pins cembros.

Givre.

Tous les matins cependant, les dentelles cristallines de gelée blanche brûlent un peu plus les feuilles des airelles et flétrissent leurs baies bleues. Sous les semelles, la terre du sentier durcie par le gel, sonne chaque jour un peu plus. L’automne en montagne c’est aussi la saison où, en quittant le chalet avant l’aube, on remonte à nouveau le col de sa veste en humant une dernière fois, presque à regret, l’odeur du feu de bois qu’on laisse derrière soi. Et puis Orion est revenu, signe irréfutable que l’hiver approche. Cette magnifique constellation, bien calée au sud entre Sirius et Aldébaran, illumine à nouveau le ciel d’encre lorsque les toutes premières lueurs de l’aube désignent l’orient et que la chevêchette lance son dernier cri…

A l’heure du bilan, quelques occasions de prises de vues, trop peu nombreuses malgré d’intéressantes observations : scènes de vie trop fugitives ou trop distantes, qui resteront à jamais de beaux souvenirs et posent désormais les jalons des futurs défis à relever… Le sentiment d’être un peu moins ignorant des choses de la Nature, et surtout, l’immense plaisir du contact prolongé, intime (et parfois rude !) avec la montagne.
Voici donc quelques images choisies parmi les 25 000 clichés une trentaine de photos rapportées. Je vous les livre ici, sans fil conducteur, un peu comme des rencontres que vous feriez par hasard, au gré d’une balade dominicale…

Aiglon de l’année se perfectionnant avec l’art de jouer avec le vent.

Daguet surpris au lever du jour.

Femelle de Rougequeue à front blanc, timide mais curieuse.

Chevrette et son petit, toute en délicatesse.

Cassenoix moucheté.

Plus haut, on peut encore rencontrer des chevreuils. Ici, à 2350 m d’altitude, un mâle ayant déjà perdu ses bois. Cet individu est resté une quinzaine de jours avec un seul bois sur la tête. Le jour où je l’ai photographié, je l’ai observé manger des baies d’airelles pendant près d’une heure. Je n’ai aucune information sur une éventuelle précocité dans la perte des bois du chevreuil qui serait due à l’altitude (ce n’est pas faute d’avoir cherché). C’est juste une observation que j’ai pu faire cette année (sur un seul individu) parce que les circonstances s’y prêtaient. Je pense qu’il est prudent de n’en tirer aucune conclusion…

Chevreuil

La montagne aux Lagopèdes.

Pour les lagopèdes, il faut mouiller un peu plus la chemise (rassurez-vous, c’est moins difficile qu’il n’y paraît).
Quand on a beaucoup de chance, on peut en trouver comme ça… Mais ce n’est pas toujours aussi facile…
L’idéal est de les découvrir de très loin, aux jumelles, lorsqu’ils sont au repos. On peut alors faire une approche très lente, en diagonale, avec de longues poses (mais le terrain ne le permet pas toujours). Un temps légèrement couvert est préférable pour avoir un bon modelé dans le plumage.

On reconnait le mâle du Lagopède à ses lores noirs (trait entre l’œil et le bec) qui sont blancs chez la femelle.

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